| Valérie
KEMPENEERS
Diffusion au DuchampRAMA, du 12 juin au 12 juillet 2008
VERNISSAGE vendredi 13 juin à 18h30, au 7 rue Percée
à Yvetot
RienAvoirAvecPhilippeRichard
Ce
titre s'inspire d'un autre projet intitulé RienAvoirAvec
qui s'élabore à partir d'une émission de
télé réalité : "l'île
de la tentation". Son principe est simple et consiste à
reprendre la structure de montage de ce programme, de le vider
de son contenu d'images afin d'en dégager les agencements
temporels et une ossature-type. À partir de ce dépouillement,
on constate un mode d'étirement du temps singulier, une
narration ténue, liée à l'absence d'événement.
À l'intérieur de ce cadre, il s'agit d'insérer
d'autres images, issues elles aussi du flux télévisuel.
On raconte alors une autre histoire inscrite dans un processus
de vase clos avec l'objet télévision.
RienAvoirAvecPhilippeRichard
rejoint le projet RienAvoirAvec dans la recherche d'une pratique
de détournement d'image, de code, d'identité.
Il s'apparente plutôt au genre du documentaire fiction
tout en se développant autrement : ce n'est pas un film
- document sur l'artiste Philippe Richard, ni sur son travail
en peinture. En entrant dans la fiction, Philippe Richard devient
un personnage, le protagoniste.
Entre
Philippe Richard et moi, le film doit se construire dans l'échange
et l'écriture commune : J'impose un cadre dans lequel
il joue un rôle (son rôle dépersonnalisé
?), il me propose un personnage, un décor, une situation
avec lesquels je dois composer.
Le
propos n'est pas de regarder un artiste au travail, ni même
le travail de cet artiste, mais d'inventer une autre histoire,
une fiction. Ce serait un film sur l'envers du décor,
l'à-côté, le hors champs.
Ce n'est pas le travail du plasticien, ni sa peinture que nous
questionnons, que nous reformatons, puisqu'il n'est pas le sujet
du film. Il n'est que le point de départ pour entrer
dans l'espace de la fiction.
La
période de montage d'une exposition (comme celui d'un
tournage) peut être considérée comme un
no man's land, quelque chose en devenir mais qui est caché
en attendant le jour du vernissage, c'est l'anti-événement.
Ce qui nous intéresse ici n'est pas l'œuvre en train
de se faire mais la mise en œuvre elle-même (qui
peut aller de la retouche de peinture au coup de marteau). Une
autre histoire se dessine alors : recadré, l'événement
prend une autre dimension ; les lieux, les fonctions, les attitudes
dérapent, glissent sur le réel, sont perçus
autrement.
On déconstruit pour reconstruire. Qu'est-ce qu'il y a
derrière ce code pictural, dans le hors champ de ce qu'on
nous donne à voir ?
On cherche à voir ce qui ne se montre pas : un rien.
Et ce rien deviendrait l'élément principal. On
met en avant l'absence d'événement ou la banalité
de cet événement.
On manipule ?
Philippe Richard devient un nom générique, il
est le héros et l'anti-héros du dispositif, au
centre et à la périphérie en même
temps.
Les
images ont été tournées au cours du montage
de l'exposition "Yvetot donc vaut Constatinople" à
la galerie Duchamp à Yvetot (printemps 2007).
Le
texte de Jérôme Mauche a été écrit
pour le catalogue (à paraître) de cette exposition.
Il fait lui aussi partie d'un processus de détournement
: il questionne le travail de l'artiste, il parcourt l'exposition
mais s'inscrit dans un hors champ, celui de l'écriture
poétique.
Extrait
du texte (page 61) :
La
définition ci-jointe est pleine
De mots comme aussi la peintu
Re Les mêmes Doux
je vous promesse
repinceaux agitent
c'est termine le ter
me
Le
choix d'un texte poétique plutôt qu'un texte critique
pour le catalogue est révélateur du travail et
des intentions de Philippe Richard.
À la lecture de ce texte, il est apparu évident
qu'il devait s'inscrire dans le projet de film "RienAvoirAvecPhilippeRichard".
En effet, cette forme d'écriture composée de fragments
de mots, de phrases rejoint le travail des images dans le principe
de déconstruction de l'exposition.
On constate l'importance du visuel dans cette écriture.
Le texte sera donc donné à lire sur l'écran,
associé aux images. Mais il est question également
de transposer la lecture en écoute avec le soutien d'une
voix off.
Toujours
dans le processus de détournement et l'intention de déconstruire
pour reconstruire, il s'agira d'associer au poème de
Jérôme Mauche d'autres sources textuelles afin
d'alimenter notre "chutier" de phrases. C'est dans
les différentes parutions autour de l'exposition que
nous irons prospecter : on puisera dans les textes édités
par la galerie, c'est-à-dire le carton d'invitation incluant
un entretien entre Philippe Richard et David Barbage, et le
cahier pédagogique créé par la galerie
pour l'exposition. Enfin, les articles de presse publiés
pour l'événement seront eux aussi mis à
contribution.
Pour
le projet, ces textes seront considérés comme
des "rushes de mots", sources visuelles et sonores.
C'est le travail de montage qui ordonnera les rythmes, les alternances
ou les juxtapositions des différents éléments.
C'est au montage encore qu'on établira la progression
à donner avec les images dans un souci de répétition,
de boucle, de dilatation du temps, de mise en abîme. C'est
le hors champ dans le champ.
Tout
ceci n'aurait pas lieu d'être sans le travail pictural
de Philippe Richard, car c'est bien lui le point de convergence
du texte et des images. C'est lui le premier qui utilise des
formes simples, banales, que tout le monde connaît déjà.
C'est lui qui parasite et déborde l'espace de la toile,
du mur, de l'exposition... C'est lui qui organise le désordre.
Ombres
& Lumiere du DuchampRama :
Valerie
KEMPENEERS juin à juillet 2008
Adély
Emmanuel -Dumond Fréderic mai à juin 2008
Anne Marie Rognon et Pauline Jacquelin janvier
à mars 2008
Butz
& Fouque
Anabelle hulaut.net
janvier-février 2007
François Daireaux novembre-décembre 2006
Aurélie Briday septembre-octobre 2006
Didier CATTOEN en janvier-février 2006.
Ecole
des Beaux-Arts de Caen la mer mars -avril 2006
Frédérique LECERF mai-juin
2006
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