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"L'art ça mène à l'hopital"

Alain Sonneville & Pierre-claude De Castro
EXPOSITION DU 25/05/ au 23/06/2007

VERNISSAGE vendredi 25 Mai à 18h30, au 7 rue Percée à Yvetot et à l'Hôpital Asselin-Hedelin, 14 avenue Foch à Yvetot

   


« ART. Ça mène à l’hôpital . À quoi ça sert, puisqu’on le remplace par la mécanique qui fait mieux et plus promptement.
» In Le Dictionnaire des idées reçues ou Le Catalogue des opinions chic de Gustave Flaubert Écrit entre 1850 et 1880 Publication posthume en 1913

Sur une proposition d'Alain SONNEVILLE et Pierre-Claude De CASTRO, Madame Laurence BIARD, Directrice de l'Hôpital ASSELIN-HEDELIN d'Yvetot a choisi et commenté quelques unes de leurs images.



Cette exposition est le fruit d'une collaboration entre la Galerie Duchamp et l'Hôpital Asselin-Hedelin d'Yvetot. Les plasticiens Alain Sonneville & Pierre-claude De Castro sont accueillies dans le cadre du programme national "culture à l'Hôpital". Cette convention permet d'inciter les acteurs culturels et les responsables d'établissement de santé à construire ensemble, une politique culturelle inscrite dans leurs projets d'établissement respectif. C'est ainsi que la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) et l'Agence Régionale d'Hospitalisation (ARH) de Haute-Normandie accompagnent depuis deux ans la mise en place d'une résidence de création à l'hôpital d'Yvetot.

01 : Cette exposition « L’art ça mène à l’hôpital » est-elle un prolongement à votre double et récente actualité au sein des musées de Rouen ?

Notre champ d’action ayant parfois besoin d’être fertilisé, nous allons où le vent nous mène. Du Musée Flaubert et d’Histoire de la Médecine au Musée des Beaux-Arts de Rouen, de l’Hôpital d’Yvetot à la Galerie Duchamp puis d’un musée de Pforzheim à une galerie de Stuttgart…
Point de prolongement car trop nuancé, trop mélangé de tout ce qui fut jamais vécu, éprouvé en divers lieux, en un mot trop libre pour pouvoir l’aliéner en faveur d’une appartenance concrètement déterminée par le temps et l’espace.

Isolés et rassemblés dans Les mythes grecs de Robert Graves, éd. Le livre de poche-2002 et dans la préface de Pierre Klossowski au livre Le gai savoir de Friedrich Nietzsche, éd. 10/18-1985.


02 : L’hôpital Asselin-Hédelin d’Yvetot vous a accueillis en résidence dans le cadre d’une convention Culture–Santé. De quelle manière ce contexte spécifique a t’il influencé votre travail, quel lien avez-vous entretenu avec les patients et l’équipe médicale ?

Comme souvent, il s’agissait non pas d’apprivoiser l’inconnu mais de faire corps. Le lien entretenu s’est apparenté à des mouvements de va-et-vient comme nous allons et venons dans l’art. C’est le mystère.

Via René Magritte, Écrits complets, éd. Flammarion-1979.

03 : L’utilisation des techniques de l’imagerie médicale est-il d’un usage récent dans votre démarche artistique ?

La tentation est grande de profiter de l’allongement de la vision rétrospective pour en déduire tout un processus d’enchaînement sur le mode du futur antérieur, ici elle se révèle irrésistible et étonnamment fructueuse, l’usage des techniques et de l’imagerie médicale elle-même, formant un continuum.

Copié/collé ou presque chez Jeanne Bouniort, en préface de Le magazine du presbytère de Lewis Carroll, éd. Henri Veyrier-1978.

04 : Alain Sonneville, Pierre Claude De Castro ; Alain Castro, Pierre Claude De Sonneville… Vous aimez mélanger, superposer vos rôles et vos vies respectives. En quoi est-ce une façon de questionner l’identité ? Le lien entre les êtres ?

Rebondissements de situation, quiproquos savoureux, effets de surprise : dans cette tragi-comédie présentée sous forme d’échanges, c’est moins la confusion de l’identité qu’il faut retenir ici qu’un coup de pied à l’inguérissable vanité des individus.

Pris en partie(s) et en quatrième de couverture du livre La concession du téléphone d’Andrea Camilleri, éd. Fayard-1999, à Dominique Vittoz

05 : Le sommeil, les lits, les oreillers et le repos sont des ressorts importants de votre travail. D’où vous vient cette « obsession » récurrente ?

C’est la barbe. Toujours la même histoire, est-ce vraiment important ?... L’un et l’autre, chacun de notre côté, nous nous sommes retrouvés jadis sur des paillasses appelant à la rescousse le dieu du sommeil.

Concocté nonchalamment avec Les oiseaux de Bangkok de Manuel Vázquez Montalbán, éd. 10/18-1987.


06 : Là où certains artistes réalisent des «performances», des «actions», vous avez intégré à votre vocabulaire plastique le concept «d’inaction interpassive». Pourriez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Nous nous opposons mollement et souplement à la fureur bavarde, les paroles importent moins que la chanson. Les idées ne sont pas en elles-mêmes piquantes, c’est l’agitation qui les irrite. Nous visons un état heureux de somnolence où tout est relâché, cela ne dure pas, quand le sommeil s’annonce ainsi, il n’est pas loin.

Sorti de Propos sur le bonheur d’Alain, éd. Idées/Gallimard-1975.


07 : En 1999, vous aviez sollicité l’autorisation de passer une nuit au pied du célèbre Grand Verre de Duchamp. Revendiquez-vous une filiation avec cet artiste ?

Cette autorisation nous a été refusée par Mme Anne d’Harnoncourt, il est donc plus simple et naturel de voir au travers de cette fin de non-recevoir, une simple allégorie de la continence, comme l’urinoir en est sans doute une de son opposé.

Avec l’aide d’une note d’Henri Longnon découverte dans La Divine Comédie de Dante, éd. Garnier-1982.

08 : En art comme en sport le tandem décuple l’énergie ?

Dans les finesses du double, seuls les artistes possédant un style analogue ont les meilleures chances de réaliser d’excellents résultats. D’autre part un long apprentissage en commun est généralement indispensable avant d’acquérir la cohésion désirable.

Pris au bond dans Le tennis de table, éd. Marabout Flash-1961.

09 : Avez-vous toujours travaillé en duo ou cela vous arrive-il d’exposer individuellement ?

L’art en groupe ne doit pas faire perdre de vue les aptitudes particulières, l’instinct et le tempérament de chacun.

Puis au rebond avec du ping-pong à la compétition, éd. Marabout Flash-1961.

10 : Après le musée de la médecine et l’hôpital d’Yvetot, avez-vous d’autre projets en lien avec le monde médical ?

Une foule de projets vagues accentuée par une indécision délibérée, engendrant un désordre certain, nous empêche de mettre le cap, nous tournoyons comme une aiguille d’aimant à proximité d’un pôle magnétique. Signe avertisseur que notre insouciance sans bornes touche momentanément à sa fin et qu’elle va céder sa place à une fermeté non moins désintéressée mais tranchant sans balancer en faveur d’une option précise. Encore nous faut-il la distinguer entre toutes.

Butiné dans Mes oubliettes de Vera Linhartová, éd. Deyrolle-1996.

Propos Recueillis par Anne-Edith Pochon et David Barbage Avril 2007


 
 
 
 
 

 

Coordonnées
Galerie Duchamp
7, rue Percée
76190 Yvetot
France
tél : 02 35 96 36 90
fax : 02 32 70 44 71
(préciser à l’intention de la Galerie Duchamp)

 

Contact
Direction :

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Service pédagogique :
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Fabienne Durant-Mortreuil
Ingrid Hochschorner

Chargée de l’accueil des classes :
Fabienne Durant-Mortreuil

Chargée des “iconoclasses” :
Pascale Rompteau