“Les Iconoclasses 8”

"Les Iconoclasses 8, Edition 2006"
du 08 au 13 septembre, vernissage vendredi 08 septembre 2006
à 18h30 au 7 rue Percée à Yvetot.

Sont présentées les œuvres des artistes plasticiens :

Gabrielle BAECILE, Patrice BALVAY, Bertrand DIACRE PIEPLU, Florim HASANI, Marianne LECOURT, Françoise PACE, Quentin PEROCHON, Bertrand THOMASSIN.

Cette exposition "Les Iconoclasses 8, Edition 2006" s'inscrit dans la continuité des résidences d’artistes plasticiens, "Les Iconoclasses", qui sont mises en place chaque année sur un principe de jumelage entre les établissements scolaires intéressés et la Galerie Duchamp d'Yvetot.

En ce tout début d’année la Galerie Duchamp d'Yvetot a choisi de présenter dans son espace d’exposition du 7 rue Percée à Yvetot, un accrochage récapitulatif de l'ensemble des démarches de ces artistes plasticiens. Il s’agit d'une sélection d'œuvres rassemblées par Pascale ROMPTEAU, enseignante au sein de l'école municipale d'arts plastiques d'Yvetot et chargée des Iconoclasses. Chacune de ces œuvres est représentative d'un aboutissement artistique a par entière. Huit univers nous sont ici présentés dans le but d'offrir a chacun de nos regards une aventure particulière. D’une grande variété de techniques cette exposition nous permet d’appréhender de multiples aspects de la création contemporaine, dessins, peintures, sculptures, photographies… Un livre de poche de 64 pages couleurs, de la collection « Petit format » intitulé « Les Iconoclasses 8 » résumant l’ensemble de la manifestation est également disponible sur simple demande.

Initialement « Les iconoclasses » sont un programme de résidences de création en milieux scolaire, qui permettent une rencontre avec un artiste qui investit un atelier au sein de l’établissement sur une période de trois mois, à raison d’une journée par semaine en moyenne – rencontre gérée dans le cadre de la classe, ou de façon plus libre pour les enfants durant les temps de récréation par exemple. Elles donnent accès à la découverte du processus de création d’une œuvre d'art, la présence d’une œuvre d'art dans l’école, et un travail créatif des enfants, en parallèle, que ce soit dans le domaine des arts plastiques, de l’écriture, ou dans un autre domaine. Au terme de chaque Iconoclasses est édité un journal pour les élèves des établissements concernés, en l’occurrence pour cette année 2006, quatre établissements d'Yvetot, deux établissements de Dieppe, un de Doudeville, et un de la Chapelle-sur-Dun. Au total Huit plasticiens pour huit établissements scolaire de tout niveaux: lycées, collèges, écoles primaires et maternelles.

Pour tout établissement scolaire souhaitant initialiser un partenariat jumelage avec la Galerie Duchamp d’Yvetot, il suffit de prendre contact avec Melle Pascale ROMPTEAU au 02 35 96 36 90, ou de vous rendre sur le site Internet www.galerie-duchamp.fr

Vous trouverez ci dessous le contenu éditorial du journal des “ Iconoclasses 8” retraçant en substance chaque projet artistique qui s’élabore dans une co instruction systématique avec nos partenaires issu de l’ensemble de la communauté éducative régionale.

Françoise Pacé

Les feuilles de papier grand format marouflées sur la toile réagissent aux passages successifs de lavis d’encre noire qui mènent vers des paysages dénudés évanescents, flottants et pourtant présents. Les formes respirent dans une circulation d’air, de liquides. Les nuances de noir, effleurées ou profondes, projettent dans un espace en apaisement ou en inquiétude, en épuisement ou en régénérescence, zones sombres, coulures régulières, vides et pleins…Françoise Pacé a marché dans le paysage aux alentours du lycée Agricole, elle a fait des recherches topographiques, pris des photos. Elle a constitué d’après ces documents une série de dessins petits formats sur papiers marouflés. Sur ces trois mois de résidence, elle parle d’un micro itinéraire au cours duquel elle s’est imprégnée du paysage qui l’entourait, a retrouvé ses préoccupations personnelles — celles, par exemple de la transparence des bosquets, du caractère contrasté, noir et blanc, d’un paysage de campagne l’hiver — sans renoncer à l’idée d’universalité qui se dégage de ses peintures, à la charnière entre figuration et abstraction. De nombreuses visites spontanées (élèves, personnel du lycée) dans l’atelier de Françoise Pacé, une réflexion sur le paysage menée en classe avec Marie-laure Besnard, professeur d’éducation socioculturelle, et une aventure particulière avec dix élèves qui ont dessiné et regardé le paysage autrement, à travers la vitre, ou au grand air.

Le vernissage a eut lieu mardi 9 mai 17h30 au Lycée agricole, Route D'AUZEBOSC à Yvetot Tel. : 02 35 95 94 80.

Gabrielle Baëcile

Gabrielle Baëcile fabrique des formes à partir du matériau terre. Ces formes géométriques — deux cônes juxtaposés — qu’elles a nommées cocons sont de toutes tailles, matières brutes, mates, lisses, rugueuses, silicées, brillantes, noircies, craquelées, ciselées, métalliques… Le principe du volume géométrique décliné est repris à l’école Thomas : Gabrielle transpose les textures variées de graines végétales sur la surface de sphères, formes simples propices à la recherche, et libérées d’un émaillage “qui ne laisse pas respirer la terre”. Les enfants ont découvert d’abord l’humidité de la terre molle qu’on forme, qu’on démoule, l’assemblage de deux demi-sphères, l’évaporation de l’eau, le travail des surfaces : percer, gratter, lisser, modeler. Puis l’enfumage des pièces dans la cour, leur cuisson à l’étouffée avec des végétaux secs, et les empreintes de fumée sur les “ballons” : vocabulaire, actions, odeurs, bruits nouveaux, construction dans le temps. Ces étapes fondatrices de la mise en forme ont été suivies par les élèves des cinq classes de l’école par petits groupes de deux ou trois enfants qui venaient spontanément parler avec Gabrielle, ou par classe entière. Les enfants ont expérimenté le modelage mais aussi l’empreinte, ou l’action de trouer un matériau, avec leur enseignant — Marie-Luce Buiche / Claire Martin, Marie-Christine Schiavi, Suzanne Nouailler, Claude Darragon, Sylvie Lefranc — rebondissant ainsi sur la pratique et la démarche de l’artiste.

Le vernissage a eu lieu vendredi 19 mai à 16h00, Ecole Thomas, 33 quai Henri IV à Dieppe Tel. : 02 35 06 12 06.

Quentin Perochon

Dans une perspective d’archivage méthodique, Quentin Perochon photographie les ciels, les différents états de lumière. La série ainsi constituée est visible sous la forme de diapositives posées sur une table lumineuse. Cette pratique se double d’un travail en peinture de ces morceaux de ciels, qui utilise le glacis, les couches successives de peinture diluée. Il a apporté quelques panneaux issus de cette série à l’école et les a retravaillés, dans la pièce attenante à la salle de classe de l’école Les Jonquilles. On y voyait d’abord des formes de nuages, narratives. Les élèves, attirés par ces images aux formes connues, ont été déçus lorsqu’ ils ont vu Quentin reprendre ces mêmes peintures pour aller vers des images aux couleurs vibrantes, plus abstraites. Et peu à peu, ils ont goûté le plaisir visuel de la perception des couleurs et lumières changeantes, des échantillons de ciels posés dans l’atelier. On peut à tout moment lever les yeux et regarder les variations du ciel. Chaque mid, Quentin se rendait en bord de mer à quelques kilomètres de l’école, et photographiait le ciel, l’horizon maritime. Les élèves, leur professeur Karine Maingot, et Quentin ont aussi mené, en petits ateliers autonomes, des recherches ludiques sur les mots : cut up (morceaux de phrases découpés dans la presse, réagencés et collés autrement pour faire surgir d’autres sens), invention de signes, symboles, dessins à la machine à écrire, réunis en un livret, le chemin du zouave.

Le vernissage a eut lieumardi 23 mai à 16h00, Ecole Les Jonquilles à La Chapelle sur Dun Tel. : 02 35 97 95 72.

Bertrand Thomassin

Bertrand Thomassin a campé son atelier dans le hall de l’école maternelle Blainville : sur une table des outils, pinces, marteau, pinceaux, colle à bois, clous, ferraille, couleurs acryliques. Dans une caisse, un stock de bois flottés, récupérés et choisis pour leur forme particulière, matériau brut à partir duquel Bertrand construit des personnages de petites dimensions, atypiques, libres, saltimbanques, circaciens, forains, musiciens, voyageurs… Petit Prince, Don Quichotte, ou encore scènes de groupe, anodines ou socialement marquées (les congés payés).— “Quand est-ce que tu vas peindre le petit bonhomme, est-ce que tu pourras faire un musicien ?” Les enfants viennent le voir en petits groupes, assistent à l’élaboration de chaque personnage : fixation des jambes et bras en fil de fer, raccord entre la tête et le corps, fabrication des accessoires spécifiques à chacun, choix des couleurs et enfin adaptation sur un socle qui réunit les personnages en des saynètes évocatrices, colorées et génératrices d’histoires.

Le vernissage a eut lieu vendredi 26 mai à 16h30, Ecole maternelle, rue Blainville à Dieppe Tel. : 02 35 95 12 66.

Marianne Lecourt

La nature particulière des scènes fictives de Marianne Lecourt, filmées ou photographiées en milieu réel, interpelle le spectateur. Les situations créées jouent avec les ambivalences des règles et limites, des codes et symboles du groupe, et nous amènent à y réfléchir, à nous positionner, à en rire. Avec deux classes des cours d’arts plastiques des professeurs Émilie Aumont et Pasquale Mosquato, elle a mis en place son projet. Dans un premier temps, les élèves ont fait des propositions de situations décalées à partir d’éléments détournés du Collège Camus, développant tour à tour un regard curieux, distancié, critique, ou enjoué, sur leur environnement scolaire. Les projets individuels ont été réalisés sous forme de photographies avec Marianne, sur quelques séances : une poubelle, par une inversion de fonction, devient distributeur de papiers usagés, l’attitude évocatrice d’un élève révèle l’analogie formelle existant entre un extincteur muni d’une housse et un putching ball, similitude toute formelle, l’objet extincteur étant peu adapté à amortir les coups d’un boxeur…Marianne Lecourt a pour projet de reconstituer une salle de classe sur le parking situé à côté du collège — les élèves y investiront chacun un espace délimité, s’appropriant ainsi de manière individuelle tout en les respectant des aménagements spacio-temporels collectifs et normés. Sur le même principe de remise en question, l’arrêt de bus devant l’établissement deviendra salle d’attente, et le passage clouté, un espace sur lequel on peut s’étendre (ambivalence exposition au danger / protection).

Le vernissage a eut lieu lundi 29 mai à 16h00, Collège A Camus, 17 rue Rétimare à Yvetot Tel. : 02 35 95 97 95.

Florim Hasani

Sur un mur de la salle atelier de l’école Jean Prévost, Florim Hasani a accroché un grand format papier. Il a commençé un dessin réaliste à la mine de plomb : des décombres, des maisons partiellement détruites ; des fumées noircies au graphite envahissent les espaces blancs, signifiant que cela vient d’arriver. Dans des dessins de plus petites dimensions, il fait des recherches formelles, ludiques, à partir de la maison. Les élèves de l’école peuvent aussi voir sur place une de ses sculptures, réalisée en contre-plaqué : quatre maisons modélisées — quatres murs et deux pans de toit — disposées dans les axes des points cardinaux indiqués par un panneau fléché au centre de l’installation. Les sculptures de Florim Hasani sont géométriques, posées sur le plan du sol, leur surface est unie. Elles témoignent d’une recherche permanente de la synthétisation des idées dans la forme. Elles empruntent à l’architecture de la maison des éléments formels et symboliques : par exemple, la cheminée noircie, symbole de la maison détruite par le feu et partant littéralement en fumée par le conduit. Pour les élèves de la classe de Nadia Pfister, la présence de ces dessins et sculptures, et de Florim Hasani travaillant sur place ont permis une autre approche du dessin : mesure de son pouvoir d’expression, introduction à la perspective, accès à un regard particulier sur la notion d’habitat : sécurité, protection, bien-être, habitat idéal…

Le vernissage a eut lieu vendredi 09 juin à 16h30, Ecole J Prévost, rue Bailly à Yvetot Tel. : 02 35 56 89 10.

Patrice Balvay

Patrice Balvay dessine à la mine de plomb sur des carrés de papier (1,50 m x 1,50 m) fixés au mur. Chaque ligne tracée peut perturber l’équilibre de ces ensembles de lignes presque mouvantes, qui n’ont de limites que les bords de la feuille, et qui pourraient s’étendre à l’infini de toutes parts : le carré de papier devient un fragment de surface, d’étendue. Dans son atelier à l’école Joseph Breton, il a travaillé sur un dessin, se concentrant sur des zones, séance après séance. Le dessin a été décidé terminé “par épuisement”, au moment où Patrice Balvay “n’y voyait plus rien”, où les gestes pouvaient devenir répétitifs et risquaient de saturer, d’asphyxier le travail. Face à l’atelier, la classe, dans laquelle Patrice avait accroché un dessin en tout début de résidence, générant ainsi la curiosité des élèves. Peu à peu, en visite dans l’atelier, et en dessinant eux-mêmes — les entrelacs des branches des arbres dans la cour, une ligne sans fin sur de grands formats — les élèves sont rentrés dans la pratique de Patrice Balvay, libérant leur mouvement, occupant tout l’espace de la feuille, conscients de l’existence des réserves, ces espaces vides entre les traits. Après le départ de Patrice, Nathalie Chevallier, professeur des écoles, a suivi ces pistes en proposant des ateliers plastiques aux élèves de sa classe.

Le v ernissage a eut lieu le samedi 10 juin à 12h00, Ecole J Breton, rue Lemercier à Doudeville Tel. : 02 35 96 42 99.

Bertrand Diacre Piéplu

Bertrand Diacre Piéplu explore. Il capte les rumeurs de la ville qui montent vers le ciel avec un matériel d’enregistrement adapté suspendu à un ballon gonflé d’hélium. Il restitue sur grand écran le parcours digestif d’une capsule métallique qu’il a ingérée et qui aura été filmée au rayon X, dans un centre de radiographie médicale. Pour Bertrand Diacre-Piéplu, la collaboration avec différents corps de métiers (scientifiques, médicaux, technologiques) est une notion importante. Il saisit les opportunités d’adopter de nouveaux points de vue : à l’école Cahan-Lhermitte, les élèves de la classe d’Émilie Genevet ont mené avec lui des séances d’explorations filmées grâce à une micro-caméra : des éclairages ciblés et modulables, des jouets déposés sur une table, que les élèves, en petit comité, déplacent à leur gré. La caméra, de la taille d’un stylo, s’approche d’un dinosaure en plastic moulé, pénètre dans une petite maison à la rencontre d’un personnage coloré, ou prend place à côté du conducteur d’une voiture modèle réduit. Les élèves peuvent voir leurs images filmées, retransmises simultanément en vidéo-projection. Bertrand Diacre-Piéplu a ensuite fabriqué une maquette — dimension 2m par 1m — habitée par des Playmobil, et mis au point une bande sonore. Il a proposé aux élèves d’élaborer à partir de ces éléments un scénario, et d’en réaliser eux même le court-métrage.

 

 

 

 

 

 

 


Coordonnées
Galerie Duchamp
7, rue Percée
76190 Yvetot
France
tél : 02 35 96 36 90
fax : 02 32 70 44 71
(préciser à l’intention de la Galerie Duchamp)
Contact
Direction :

David Barbage

Service pédagogique :
Pascale Rompteau
Fabienne Durant-Mortreuil
Ingrid Hochschorner

Chargée de l’accueil des classes :
Fabienne Durant-Mortreuil

Chargée des “iconoclasses” :
Pascale Rompteau